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Thé infini - Mots et images

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Il y a quelques mois, j’avais écrit un petit texte sur l’infini du thé. J’ai eu envie de le reprendre, de le mettre en miroir avec des images. J’aime l’image quand elle n’est pas une illustration mais quand elle entre en résonance avec des mots. Le dialogue entre le texte et l’image fait alors apparaître de nouveaux sens.  Stéphane Barbéry, Offrir l'invisible Il est si difficile de condenser en quelques lignes le pouvoir d’une poignée de feuilles de thé arrosée d’eau chauffée. Derrière l’apparence du rien elle abrite le tout. Et, si l’on y est sensible, c’est le surgissement de la beauté subtile du monde que la dégustation de thé rend possible. Si l’on prend le temps nécessaire, celui du déploiement de la feuille au contact de l'eau de source ; de la lente diffusion des arômes ; de la fusion du liquide, de la couleur et de la matière, alors c’est le tableau mouvant des nuances de la nature et de la vie que nous pouvons y apercevoir. Chu Teh Chun, Compos...

Où mon Vaporetto s’arrête sur le rivage

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Cela fait un an que j’ai commencé à écrire des textes à bord de mon Vaporetto . L’inspiration ne se tarit pas et c’est heureux ! Cela m’a fait penser ce matin à Haruki Murakami , l’écrivain coureur de fond, car écrire, si l’on s’y astreint avec régularité, c’est aussi se lancer le défi d’un marathon infini ou mieux d’une longue marche au cœur de paysages intérieurs. Les livres, on les feuillette, on les parcourt, on s’y perd, on s’y plonge, on les déteste, on les adore. Il y a aussi les livres qui vous changent intimement, produisent un électrochoc et qui, comme par magie, dévoilent une strate du réel insoupçonnée… un peu comme dans un rêve. C’est l’effet qu’a eu sur moi, il y a quelques années, la lecture de Kafka sur le rivage , roman de l’écrivain japonais Haruki Murakami . Même si l’on aimerait accéder au texte original, la traduction est ici un formidable vecteur de l’étrangeté du monde de Kafka (le personnage principal), une étrangeté très japonaise , très lointa...

Jeu de cache-cache dans les ajoncs - Pu Erh Sheng (普洱生), Cru du Singe 2016

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Dégustation du 23 février 2018 Quand je prends le temps de préparer et boire un bon thé – grand cru, thé éphémère ou thé de qualité plus simple –, l’expérience se transforme chaque fois en un voyage porté par les couleurs, les odeurs, la texture du thé, mais aussi par les souvenirs qui remontent à la surface, l’imaginaire et l’imagination, les résonances qui se réveillent au contact des feuilles et des liqueurs. Voici donc l’histoire d’un voyage en 8 tasses de Pu Erh Sheng , un Pu Erh cru, non fermenté .    Photographie de l'artiste Don Hong-Oai Ma pirogue me porte sur un fleuve de Chine, elle s’approche de la berge. L’eau n’est pas très profonde. Les rives sont bordées de roseaux touffus.   La pointe élancée des joncs dorés est sèche en ce matin clair. Leur racine est gonflée d’eau. Tranquillement, je longe le cours d’eau. A l’horizon, une montagne verte. Frémissement dans les ajoncs. Un animal est là, qui se promène lui aussi. Une biche peut-être...