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Le Musée du gant de Millau

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 Les musées sont des écrins pacifiques pour les œuvres d’art de nos ancêtres ou de nos contemporains. Ce sont aussi souvent des espaces où perdure la dimension immatérielle de notre mémoire collective et des savoir-faire d’antan. Comme toujours, le vocable nous parle et nous dit qu’artiste et artisans ont en commun les trois lettres A - R - T .  A Millau, le Musée du gant illustre parfaitement ce point de rencontre entre art et artisanat. Le gant est à la fois produit d’un savoir-faire technique mais aussi création, dessin, projet esthétique. Pas étonnant que ce pays de brebis et de moutons qui estivent sur les plateaux des Causses balayés par les vents, ait donné naissance, là, dès le XIème siècle, à une industrie reposant sur le travail de la peau (n’oublions pas que c’est aussi le pays du Roquefort et de la laine…). R emontons le fil des mots : dès 1268, le mot « mégisseur » est attesté et désigne celui qui mégit les peaux c’est-à-dire celu...

Causse Méjean

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Il faudra bientôt partir, quitter ce paysage du Causse Méjean, son ample plateau jaune, vert et ocre, aux allures de Mongolie mêlée de terre de Sienne, peuplé d’une faune discrète et élégante : chevreuils aux yeux d’or, lièvres bruns, chevaux sauvages de Przewalski à la robe ocre et à la crinière blonde, écureuils roux, peut-être quelques loups aussi –   au grand dam des bergers. Sans oublier le vol tranquille des vautours fauves au-dessus des falaises dolomitiques qui plongent dans les gorges du Tarn et de la Jonte. Chiaroscuro sur le Causse ©levaporettoblogue.blogspot.com Il faudra bientôt quitter la quiétude bienveillante des résineux, la danse des papillons dans les massifs de lavandin, la beauté modeste des fleurs sauvages, les corolles blanches des achillées, les tapis de coquelicots et de bruyère ; et la nuit étoilée qui revient, revient, revient…                 ...

Ecrire encore

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  Grues cendrées en migration (Landes, France) ©levaporettoblogue.blogspot.com Ce ne sont pas les idées qui manquent et, si je publie peu, ce n’est pas par manque d’inspiration… C’est parce qu’écrire ce blogue a ouvert les vannes ; c’est un roman que je tisse  désormais en parallèle et qui me happe dès que j’allume l’ordinateur. Travail de longue haleine, marathon, il faut tenir sur la durée mais, contrairement à la course, je ne veux pas arriver la première, nulle hâte simplement l’urgence, parfois, de dire. Et la patience (j'ai lu à ce sujet récemment le livre de l'écrivain Jean-Philippe Toussaint, L'Urgence et la patience ). Un jour peut-être y aura-t-il un point final à ce long récit dont la trame s'élabore chaque jour, dont l’univers s’élargit à chaque mot posé sur le papier.  Outrenoir , Pierre Soulages (Musée Soulages, Rodez) ©levaporettoblogue.blogspot.com

Un thé Doa Hong Pao à Venise ou l'heure bleue

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Le soleil s’est couché, la nuit pourtant n’est pas tombée. C’est l’heure suspendue... L'heure où l'homme se retrouve enfin en harmonie avec le monde et la lumière. Jacques Guerlain, 1912 Cette heure suspendue où « la nuit n'a pas encore trouvé son étoile », c’est l’heure bleue .  Venezia blu  ©levaporettoblogue.blogspot.com A Venise, l’heure bleue, prélude à la nuit, est la plus belle des heures pour se glisser à bord d’un vaporetto, se laisser porter par les lumières des palais caressant l’eau du Grand canal. Lanternes, bougies et néons sortent du sommeil, voies aquatiques deviennent sillons sombres et lumineux ; miroirs mouvants des lueurs presque nocturnes. On aperçoit la pointe de la dogana , la douane de l’ancienne cité-état, porte par laquelle transitaient jadis denrées et artisanat précieux de l’Orient proche ou extrême, objets de fantasmes et de convoitises. Epices, parfums, bijoux, tapis, objets d’art mais aussi thés de Chine.  ...

Plantes aromatiques, essences médicinales et agrumes.... voyage olfactif dans le Salento

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Carciofi  On parle souvent de la gastronomie dans les livres de voyages, car la cuisine permet l’immersion immédiate et facile dans une culture étrangère (pour autant que l’on s’éloigne des axes touristiques où les goûts s’affadissent et perdent leur âme). Dans le Salento par exemple, où je suis aujourd’hui, déguster une assiette d’Orecchiette aux pousses de brocoli, une purée de fèves accompagnée de chicorée braisée ou des cœurs d’artichauts sautés est plus efficace que la lecture d’une étude ethnologique pour saisir l’importance du légume et de l’ amertume dans la cuisine des Pouilles. Au-delà de la gastronomie, ce que l’on découvre au fil des voyages ce sont des mondes gustatifs, olfactifs et chromatiques qui résistent à la globalisation des cultures. Ainsi, quand je suis à l’étranger j’adore flâner dans les parfumeries et les drogueries pour sentir les odeurs des parfums mais aussi ouvrir les flacons de gel douche, humer les savonnettes, les lessives et ...

Cent onze parfums

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C’est en me promenant dans les rues d’Angers que je suis tombée par un heureux hasard – la fameuse sérendipité – sur un livre qui trônait dans une jolie vitrine :  Les cent onze parfums qu’il faut sentir avant de mourir (1) . Amatrice de parfums et de senteurs fines (le thé n’est jamais loin), j’ai voulu feuilleter l’ouvrage, le sentir… et je fus bien inspirée ! Cet ouvrage est une petite merveille. L’objet lui-même est beau : le papier est doux au toucher, les illustrations des flacons sont épurées, les couleurs fidèles aux originaux, les textes agréablement disposés sur les pages, l’organisation du propos extrêmement claire. Note de tête fraîche et réussie ! Les cent onze flacons vus du ciel (Ibid. p. 1) Venons-en au cœur : certes nous avons tous des réminiscences olfactives et les odeurs sont porteuses d’émotions, surtout quand elles nous renvoient à notre enfance, mais chacun sait combien il est difficile de décrire une odeur… les...

Un Lapsang Souchong à FUERTEVENTURA

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L’air est particulièrement pur à Fuerteventura – île canarienne à quelques dizaines de miles seulement du Sahara occidental – sauf les jours de calima, quand le vent d’est souffle des morceaux de désert par-delà l’océan et voile l’horizon d’un fin rideau de sable.   Sables de Fuerteventura - ©levaporettoblogue.blogspot.com Ce matin-là le calima s’était calmé, l’air était transparent. De la grande terrasse de la maison aux allures d’hacienda mexicaine posée sur le champ de roche volcanique noire, je voyais au loin le village de La Oliva, ses petites maisons blanches et cubiques. Juste devant moi un jardin de cactus et d’euphorbes et, derrière, la colline ocre d’un cratère.  Cratère et champ de lave (La Oliva, Fuerteventura) - ©levaporettoblogue.blogspot.com C’est le petit matin – il fait presque froid, nous sommes en janvier. Les feuilles du Lapsang souchong que j’ai jetées dans ma théière de fonte sont mates et noires, telles du charbo...