Articles

Agrumes d'hiver

Image
J’ai une passion pour les agrumes, sans distinction : citron, orange douce, orange amère, lime, cédrat, mandarine, clémentine, kumquat, yuzu, combava, pamplemousse, pomelo, chinotto, bergamote … Je ne suis pas la seule : depuis leur introduction en Europe, ces fruits d’Asie fascinent, en témoignent les fameux jardins de Boboli à Florence, les «   orangeries   » royales et, bien avant encore, les fresques de Pompéi aux motifs acidulés. Photo extraite du livre Agrumes (cf. référence plus bas), p.1 Sans agrumes, pas d’eaux de Cologne (la parfumerie ne pourrait être sans la fraîche et verte famille des hespéridées), pas de thé Earl Grey, de thé au goût russe, pas d’eau de fleurs d’oranger pour la pâtisserie orientale, pas d’ amari italiens, pas de marmelade , pas de sorbete al limone , pas de caïpirinha , pas de limonade, pas de zestes pour rendre la vie pétillante ni d’orangettes pour la rendre plus douce.  Sans oranges, la poésie serait orpheline de l’un...

Fiat lux(e) — solstice d’hiver

Image
Solstice : du latin «   sol   », soleil et «   sistere   », s’arrêter.  Lumières dans les villes et dans les campagnes, aux fenêtres des appartements et des chaumières   ; bougies, ampoules multicolores, guirlandes dorées, crèches allumées, cheminées crépitantes. N’oublions pas de célébrer aussi l’obscurité. Non pas l’obscurantisme, les sombres pensées, les nuages lourds, les ténèbres de l’ignorance, mais l’obscurité d’où naît la clarté, la nuit féconde et scintillante, la source mystérieuse de la création. Infinity mirror room de l’artiste Yayoi Kusama, Aftermath of Obliteration of Eternity , 2009, collection of the artist. É teindre, un soir, les projecteurs, les stroboscopes, les feux d’artifice, les lampadaires, les bureaux, les diodes, les halogènes, les hallucinogènes, pour parer de nouveau le ciel de sa beauté luminescente.    Troquer l’iridescence du «   luxe   », des vitrines et des rivières de diamant pour les constellations, ...

Un thé à la violette sur le lac Majeur

Image
Octobre 1854, Belgirate, villa Allgayer La première tempête d’automne balaie le lac Majeur, ourlé de blanc et de gris ; une pluie épaisse frappe les carreaux de la chambre. Il faut s’imaginer les femmes corsetées, les dentelles, les rubans de satin, les doigts qui dansent sur le piano, les pâles visages derrière les voilettes, les regards timides, les sages camées ivoire et ambre sur les cœurs battants. ©levaporettoblogue.blogspot.com Elle a bien lu Germaine de Staël, et aussi Mary Shelley ; elle connaît les tourments des hauts de Hurlevent, les bruyères fuchsia des Highlands. Mais les femmes qui lisent sont dangereuses alors ; elles ne peuvent courir que dans les ombres et les lumières des toiles impressionnistes qui diluent aussi les sentiments.   Paolo Sala, Sul lago di Mergozzo , 1910-1915 Elle allume la lampe au bulbe de porcelaine amande et rose, regarde les gouttes perler sur les feuilles du grand magnolia. La domestique...